Vladimir Mikhailovitch Tetyaev

Fils de Mikhail Aleksandrovitch.

Noble. Juriste.

Les informations que nous avons trouvées sur lui témoignent de son engagement politique et des idées progressistes.

Quelques dates

1879 – naissance à Nijni Novgorod.

Lycée à Vitebsk

Étudiant de l’Université de Moscou

env. 1908 – il s’installe à St Petersbourg

1914 – un des fondateurs du parti social-démocrate « Unité ».

env. 1916 – mariage avec Maria Borysevna

1944 – dernière mention (cf ci-dessous).

Engagement politique de Vladimir Mikhailovitch

1900 – jeune révolutionnaire

La première mention, sur le site consacré à Marc Chagall, le peintre russe, le présente comme jeune homme révolutionnaire, objet d’un grand scandale politique à Vitebsk. Avec ses 26 collègues, il a été arrêté par la police impériale puisqu’il était membre du Cercle anti-gouvernemental révolutionnaire de Vitebsk. Ca se passait dans la nuit du 30 août 1900.

La « sensation » dans la ville a été causée par l’arrestation d’un ancien étudiant de l’Université de Moscou, le fils d’un ami du président du tribunal du district de Vitebsk, Vladimir Tetiaev.

Ce qui était sensationnel, c’est que le père était un « tchinovnik » de 4e rang (DSS), une grande figure de la Russie des tsars, Vice-Président du Tribunal, alors que le fils s’avère être du côté du peuple.
Selon ce site, Chagall en parle dans son autobiographie parce que, plus tard, il rejoindra le mouvement révolutionnaire de Vitebsk (source idem).

1914-18 – cofondateur du groupe social-démocrate « Edinstvo » (« Unité »).

L’autre information, nous l’avons trouvée dans le livre de Vladimir A. Kostitsine « Mon bonheur perdu… » («Мое утраченное счастье…» : Воспоминания, дневники de Владимир Александрович Костицын) – cf. page 182.

On y apprend que Vladimir est un des fondateurs du Groupe social-démocratique russe « Unité » (« Edinstvo ») et fait partie de son Comité Central.

En mai 1917, le Comité central du groupe « Unité » est formé, sous la présidence de G.V. Plekhanov, leader. En mai-juillet 1917, «L’unité» était au sommet de son activité. Selon la base des données du journal « Edinstvo », en mai 1917, le groupe a organisé au moins 14 rassemblements à Petrograd, Pskov et Vyborg. Avec la participation, entre autres, de Vladimir M. Tetyaev.
A partir de 1917, ce groupe s’est placé à l’aile droite du mouvement ouvrier et avait la proximité forte avec la bourgeoisie.

« Edinstvo » a cessé d’exister en 1918.

source sur Edinstvo ; wikipedia

Sa culture sociale

1911 – contre l’antisémitisme, « …pour l’amour et la vérité ».

Vladimir M. Tetyaev est un des signataires de l’appel « À la société russe » écrit par V. G. Korolenko, publié le 30 novembre 1911 dans le journal « Retch », réédité par de nombreux autres organes imprimés durant deux années lors de la préparation du célèbre procès de Beilis. Il a été publié dans une édition séparée en 1912.

Mendel Teilievich Beilis était un citoyen russe d’origine juive accusé du meurtre rituel d’un chrétien de 12 ans, Andrey Yushchinsky, à Kiev en 1911. C’était un procès de grande envergure connu sous le nom de l’Affaire Beilis.

Ci-dessous quelques extraits de cet appel.

Source.

Appel au peuple russe - couverture.
Appel au peuple russe - couverture.

Au nom de la justice, au nom de la raison et de la philanthropie, nous élevons la voix contre une nouvelle flambée de fanatisme et de contrevérité.
C’est la lutte séculaire de l’humanité qui appelle à la liberté, à l’égalité et à la fraternité des peuples par la condamnation de l’esclavage, de l’hostilité et de la division. (…)

De nombreux papes, dirigeants spirituels et séculiers, ont stigmatisé la superstition perverse et ont, une fois pour toutes, interdit aux autorités d’attacher une importance de la religion à l’enquête sur les meurtres.

Un tel décret a été publié le 6 mars 1817 par l’empereur Alexandre Ier.
En 1870, le patriarche grec Grigory a également condamné la légende de l’utilisation du sang chrétien par les juifs, la qualifiant de « préjugés répugnants des personnes qui ne sont pas fermes dans la foi ». (…)

Et toujours avec elle (la superstition) luttait le sentiment d’amour et de vérité. Voici les mots de l’écrivain chrétien, le martyr Justin, qui s’est battu contre la même superstition (ndlr. dirigée contre les chrétiens) :
« Honte, honte d’attribuer un tel crime à des personnes qui n’y participent pas. » Arrêtez-vous, devenez intelligent!  » (…)

Ayez peur de semer des mensonges. Ne croyez pas au mensonge inculte qui, plusieurs fois salit par le sang, tuait certains et d’autres couvrait de péché et de honte !

Vie professionnelle et familiale

Par manque de renseignement, voici sa vie retracée selon les annuaires. Parfois il nous est difficile de déchiffrer les raccourcis utilisés, les acronymes… dommage.
Avis aux visiteurs qui maîtrisent le russe – aidez-nous, svp.

Les dates données ci-contre sont les dates d’émission de l’annuaire. Il faut donc probablement déduire 1 année (le temps de son édition).

sources

1909 – Première mention sur Vladimir M. Tetiaev à St Petersbourg. Il habite au 63 pr. Kronvierkskiy.

1910 – changement d’adresse : 4, Syeajinskaya

1911 – il a déménagé pour habiter avec son père, sa sœur, son frère, … au 1 rue Barmaleyeva

1915 – il a déménagé avec son père et sa sœur Vera au 6 prospekt Aptekarskiy

1917 – Maria Borysevna Tetyaev apparaît pour la première fois. Elle habite une adresse différente de celle de Vladimir bien qu’il s’agisse de sa femme.

1924 – il est directeur du Bureau de traitement des informations et des données statistiques à Pietrogoubispolkom (Petrograd). Il habite avec Maria Borysevna Tetyaev au 19 rue Piesocznaja durant plusieurs années. Aujourd’hui ce doit être la rue Professora Popova mais l’immeuble n’existe plus (?).

1925 – mention : juriste

1926 – changement de travail : GIK (?)

1927 – pas de changement à Léningrad ; mention dans l’annuaire de Moscou de son adresse à Dom Sovietov (Maison des conseils) de NKRKI URSS (Commissariat populaire à l’inspection des travailleurs et des paysans).

1929 – changement de travail (?).

1930 – dernière mention dans les annuaires de Léningrad (numérisés jusqu’au 1934).

Nous avons retrouvé ses traces dans les archives de la filiale de Saint Petersbourg de l’Académie des Sciences de l’URSS à l’Institut de physiologie de I. P. Pavlov.

Il était assistant du secrétaire scientifique. Les dates d’activités : du 16 février 1942 au 26 août 1944.

C’est la dernière mention sur Vladimir Mikhailovitch.