Mikhail Aleksandrovitch Tetyaev

Né vers 1840 (?) – décédé entre 1923 et 1929, Slonim (?).

Noble. Juge. Député de la Douma, « la main droite du tsar ».
On sait peu de choses et pour beaucoup elles restent incertaines.

MICHAIL ALEKSANDROVITCH TETYAEV - portrait
MICHAIL ALEKSANDROVITCH TETYAEV - portrait

Quelques dates

vers 1840 – naissance, probablement à Nijny Novgorod.

1865 – diplômé  d’études de Droit à l’Université Impériale de Moscou. Entrée en classe de « tchin ».

1869 – naissance de sa fille Vera.

1879 – naissance de son fils Vladimir.

1882 – naissance de son fils Mikhail.

avant 1894 – membre du Tribunal de district de Nijny Novgorod.

1894 – Vice-président du Tribunal de district de Vitebsk.

1896Conseiller d’État véritable DSS (4e « tchin », équivalent du rang de général-major et contr-amiral) ; Magistrat du comté de Slonim.

avant 1900 – Président du tribunal de district de Vitebsk.

le 1 mars 1903 – le 4 octobre 1908 – membre du Tribunal de Saint Petersbourg.

1917 – se réfugie sur ses terrains dans le comté de Slonim devenu territoire polonais.

1918 – troisième mariage avec Maria Arkhipovna Rozkovska.

1919 – naissance de son fils, Jerzy.

vers 1923/25 – décès.

Rang social

Son nom figure dans « La plus haute administration de l’Empire russe. Dictionnaire court » de Sergueï V. Volkov (Сергей В Волков), historien.

Extrait de "La plus haute administration de l'Empire russe. Dictionnaire court".

Traduction : « Arrivée pour le service et la fonction en première classe en 1865. Conseiller d’État véritable DSS en 1896 (4ème tchin). Honorable magistrat (juge de paix ?) du comté de Slonim. /dernière mention connue le 1er mars 1916/. »

Il faut une explication : dans la Russie impériale les fonctionnaires d’État étaient divisés en 14 rangs (tchin), équivalents des rangs militaires, allant pour les civils du registrateur de collège au tout-puissant chancelier de l’Empire. Les quatre premières comptaient réellement en tout cas au XIXe siècle.
Pour avoir l’idée de l’importance de la classe :
En 1858, 671 d’hommes exerçait la fonction du 4e tchin, en 1916 ils étaient 5356.

Conseiller d’État véritable (en russe DSS) avait droit au titre de Votre Excellence.

Les tchinovniks étaient considérés comme nobles à partir du 8e tchin (rang). A partir du 4e tchin la noblesse était héréditaire.

Il faisait partie de la noblesse russe, la 3e partie, celle qui était acquise au service civil ou par l’Ordre et qui a obtenu le droit de la noblesse héréditaire.

«Алфавитный список дворянских родов Гродненской губернии внесенных в дворянскую родословную книгу», Скоропечатная Типография Э. И. Мейлаховича, г. Гродна, 1900 г.

Vie professionnelle et engagement politique

Député à la Douma.

Par ses fonctions, il était, comme on les appelait, « la main droite du tsar ». Il habitait à Saint-Petersbourg.

Malheureusement nous n’avons pas de documents confirmant ces informations qui restent de transmission orale.

Juriste, magistrat

En 1894 « Kraj », revue éditée en polonais à St Petersbourg, dans sa rubrique « Kurier Prawny » (Chronique De Droit) annonce cette nomination :

« …membre du tribunal de district de Novgorod, Tietiaev, vice-président du tribunal de district de Vitebsk »

On suppose qu’il exerçait son métier à Nijni Novgorod au moins depuis 1882, année de naissance de son fils Mikhail.

Juge, il exerce à la fin de sa carrière à Saint Petersbourg du 1 mars 1903 au 4 octobre 1908 en tant que Membre du Tribunal (cf. la photo de la médaille).

Il exerçait aussi à Slonim (aujourd’hui la Bielorussie, dans la province de Grodno) en tant que juge de paix.

1908 doit être l’année où il prend sa retraite sans quitter St Petersbourg.

BULLETIN DU MINISTERE DE LA JUSTICE, 1898.PDF (en russe)

Ses propriétés

Il possédait des grandes propriétés dans la région de Sloutsk (Sluck) en Russie. (Nous sommes à la recherche de documentation à ce sujet) et dans la région de Slonim, la propriété Malatycze 272 à Stara Wies (cf la carte ci-dessus).
Il avait aussi un immeuble à Saint Pétersbourg (reste à confirmer).

Source 1 Malatycze  /  source 2 Malatycze

Saint Petersbourg

En 1914, il habitait au 1, rue Barmaleyeva, avec sa fille Vera et son fils Vladimir.

En 1915, ils déménagent tous au 6 prospekt Aptekarskij.

Source 1 Annuaire 1914  /  Source 2 : Annuaire 1915
St Petersbourg, Aptekarskij prospekt 6 - aujourd'hui.
St Petersbourg, Aptekarskij prospekt 6 - aujourd'hui.

Vie familiale

Il était marié 3 fois, veuf à deux reprises.

Il avait plusieurs enfants : Vera, Vladimir, Mikhail… (autres ?) et le dernier fils, enfant unique du 3e mariage, Jerzy.

Nous ne connaissons que les dernières années de sa vie. Nous sommes donc à la recherche de toute information concernant les années antérieures.

Il quitte la Russie et ses biens à Saint-Petersbourg, à Sluck,… pendant la guerre civile pour se réfugier à Malatycze, district de Slonim, sur ces propres terrains qui, suite à la guerre contre la Pologne, sont devenus polonais. Il était donc à l’abri des répressions du nouveau gouvernement communiste de Lénine.

Sa dernière épouse était originaire de la région de Slonim, elle s’appellait Maria Arkhipovna Rozkovskaya, d’origine polonaise.

La moitié de l’année, la plus froide, ils la passaient en Italie pour des raisons de santé de son épouse.
L’occasion pour dire que Mikhail Aleksandrovitch parlait plusieurs langues, il semblerait que sept avec le grec et le latin compris.

Il est mort entre 1923 et 1925 à plus de 80 ans. Sa femme, quoique beaucoup plus jeune, est décédée 4 mois plus tard suite à la tuberculose, à l’époque incurable. C’était au mois de mai-juin (?). Elle avait environ 22 ans.

Une grande histoire d’amour ou une histoire de grand amour.

Anecdote

La légende familiale dit qu’un jour de grande manifestation, il a aperçu depuis la fenêtre de sa demeure, ses deux fils marcher en-tête du peuple en colère. Suite à une enquête, la police impériale a trouvé dans les caves de Mikhail Alexandrovitch une imprimerie clandestine. S’agissait-il de ses fils Mikhail et Vladimir ou encore d’un autre fils ? La biographie de Mikhail, son fils, évoque une punition du tsar pour son opposition. Vladimir, lui, était aussi engagé dans le mouvement révolutionnaire.

Souvenir

Une cuillère qui appartenait à Mikhail Aleksandrovitch Tetyaev – un des objets qui a traversé les guerres et autres orages et qui est un rare souvenir de sa personne.