vers 1840 – vers 1924

Mikhail Aleksandrovitch Tetyaev

Fils d’Alexandre Tetyaev.

Noble.

Il avait trois épouses, selon la transmission orale, la première reste inconnue, la deuxième était Sophia Aleksieïevna et enfin Maria Arkhipovna Rozkovskaïa.


Il avait plusieurs enfants : Maria, Vera, Vladimir, Mikhail, Jerzy. Et probablement Lew.

Quelques dates

vers 1840 – naissance, probablement à Tver.

1865 – diplômé d’études de Droit à l’Université Impériale de Moscou. Entrée en classe de « tchin ».

1869 – naissance de sa fille Vera.

1872 – juge, prezydent de Tribunal de district de Slonim.

1877 – Chevalier de l’Ordre de St Stanislas de 2e degré.

1879 – naissance de son fils Vladimir.

1882 – naissance de son fils Mikhail.

avant 1894 – membre du Tribunal de district de Nijny Novgorod.

1894 – Vice-président du Tribunal de district de Vitebsk.

1896 – Conseiller d’État véritable DSS (4e « tchin », équivalent du rang de général-major et contr-amiral).

avant 1900 – Président du Tribunal de district de Vitebsk.

le 1 mars 1903 – le 4 octobre 1908 – membre de la Chambre des Tribunaux de Saint Petersbourg.

le 16 juillet 1907 – décès de sa femme, Sofia Aleksieïevna

1917 – quitte la Russie, se réfugie sur ses terrains dans le comté de Slonim devenu territoire polonais.

le 27 novembre 1918 – troisième mariage avec Maria Arkhipovna Rozkovska.

1919 ? – naissance de son fils, Jerzy.

vers 1923-25 – décès.

Rang social

Conseiller d’État véritable

Son nom figure dans « La plus haute administration de l’Empire russe. Dictionnaire court » de Sergueï V. Volkov (Сергей В Волков), historien.
Ci-dessous un extrait.

« Arrivé pour le service et la fonction en première classe en 1865. Conseiller d’État véritable DSS en 1896 (4ème tchin). Honorable magistrat (juge de paix ?) du comté de Slonim. /dernière mention connue le 1er mars 1916/. »

Il faut une explication : dans la Russie impériale les fonctionnaires d’État étaient divisés en 14 rangs (“tchin”), équivalents des rangs militaires, allant pour les civils du registrateur de collège au tout-puissant chancelier de l’Empire. Les quatre premières comptaient réellement en tout cas au XIXe siècle.
Pour avoir l’idée de l’importance de la classe :
En 1858, 671 d’hommes exerçait la fonction du 4e tchin, en 1916 ils étaient 5356.

Conseiller d’État véritable (en russe DSS) avait droit au titre de Votre Excellence.
Les “tchinovniks” étaient considérés comme nobles à partir du 8e tchin (rang). A partir du 4e tchin la noblesse était héréditaire.

Noblesse, acquise par mérites, héréditaire

Il faisait partie de la noblesse russe appelée la 3e partie, celle qui était acquise au service civil ou par l’Ordre et qui a obtenu le droit de la noblesse héréditaire.

Son arrivée en fonction administrative et donc en “tchin” est lié au diplôme, à la fin des études et donc début de sa carrière professionnelle.

Chevalier de l’Ordre de St Stanislas

Il apparaît pour la première fois comme Chevalier de l’Ordre de St Stanislas de 2e degré dans “Le livre de Mémoire de Grodno” de 1877.

Citoyen d’honneur

nous l’avons trouvé dans le répertoire de Citoyens d’Honneur 1830 – 1890.

Source : «Алфавитный список дворянских родов Гродненской губернии внесенных в дворянскую родословную книгу», Скоропечатная Типография Э. И. Мейлаховича, г. Гродна, 1900 г.

Vie professionnelle et engagement politique

Noble. Juge. Député de la Douma. Par ses fonctions, il était, comme on les appelait, « la main droite du tsar ».
Slonim

Travaille depuis 1866.
Il s’installe dans ce région en 1867.

1869
Première trace : 1869. Il travaille dans la Chambre de Contrôle comme revizor,  son rang : “gub. sekr.” – Secrétaire de gouvernement (12e).

1871
la même fonction mais il a  changé de rang : “coll. secr.” – Secrétaire de collège (10e).

Juge de paix, président, 1872 – 1879

1874
il est juge de paix, prezydent. Il a avancé encore dans son rang : “tit. sov.” – Conseiller titulaire (9e). Il apparaît aussi comme le membre ordinaire du Comité des Statistiques de la région de Grodno;

Selon l’annuaire pour 1875 (édité en 1874) de la région de Grodno, Mikhail A. Tetyaev exerce l’activité du juge de paix à Slonim (aujourd’hui Belarussie), avec la fonction de présider les juges (si notre traduction est correcte) (p 144).
Et voici les informations fournies dans la description :
A l’époque son “tchin” est Conseiller Titulaire.

Diplomé de l’Université de Moscou, marié, travaille depuis 9 ans, dans la région depuis 1867, a pris les fonctions en 1872.

Membre Ordinaire du Comité Régional des Statistiques depuis 1872
Il fait aussi parti du Comité Régional des Statistiques (1875, p26). Il gardera cette fonction, il semble que plutôt honorifique, jusqu’à 1891, dernière mention.

1877
il est Chevalier de l’Ordre de St Stanislas de 2e degré.

Juge de paix, membre d’honeur, après 1879
Il figure encore dans “Le livre de Mémoire de 1914” avec cette fonction honorifique.

Nijni Novgorod

Juge, membre, 1880 (?) – 1894
“Le livre de Mémoire de Grodno 1884” nous aprend que Mikhail A. Tetyaev habite à Novgorod. Probablement depuis 1880 – il n’apparaît plus en tant que juge à Slonim. Il est sûr qu’il exerçait son métier à Nijni Novgorod au moins depuis 1882, année de naissance de son fils Mikhail.

Membre du Tribunal de district de Novgorod.

1890 – il avance vers le rang : “nadv. sov.” – Conseiller de cour (7e).

 
1875. District de Grodno. Annuaire.
Vitebsk

Juge, vice-président du Tribunal de district, 1894 – 1903

En 1894 « Kraj », revue éditée en polonais à St Petersbourg, dans sa rubrique « Kurier Prawny » (Chronique De Droit) annonce cette nomination :

« …membre du tribunal de district de Novgorod, Tietiaev, vice-président du tribunal de district de Vitebsk »

Dans le calendrier juridique 1901 et dans “Heraldica” il est présenté comme “tovar.” ce qui signifie “Vice”-Président du Tribunal.

1898 – dès cette année il apparaît avec le rang “DSS”. En réalité il l’a eu en 1896. Il faudrait déduire alors deux années entre l’apparition du “Livre” ou annuaire et le fait réél ?

Saint Petersbourg

Membre de La Chambre de Justice, 1904 – 1908

Juge, il exerce à la fin de sa carrière à Saint Petersbourg du 1 mars 1903 au 4 octobre 1908 en tant que membre de la Chambre de la Justice (cf. la photo de la médaille).

1908 doit être l’année où il prend sa retraite sans quitter St Petersbourg.

Vie personnelle

Il était marié 3 fois, veuf à deux reprises. Il avait plusieurs enfants. Par ses mutations professionnels, il habitait dans les endroits différents.

Originaire de Tver ?
Tout montre qu’il est originaire de Tver, la ville où Tetyaev sont très présents (nous consacrons une page à ces personnages, peut-être nos ancêtres). En témoignent deux documents :

1er – une étude qui parle de M. A. Tetyaev comme un de rares collecteurs de chants pour les enfants de la région de Tver. Il s’agit de la 2e moitié du XIXe s. Il faut ajouter que jamais son prénom ni le prénom de son père n’est utilisé – reste donc une petite probabilité d’erreur.

2e – deux articles dans les revues qui le présentent comme étudiant à l’Université de Moscou, originaire de Tver (plus de détails ci-dessous). Ici aussi, il figure comme M. Tetyaev mais nous savons par ailleurs qu’il n’y avait pas d’autre étudiant à Moscou de ce nom.

Etudes à Moscou
Il fait ses études là-bas,  1860-65.

Slonim
En 1867, après avoir fini ses études, il s’installe dans la région de Grodno.

Première mention sur son état civil date de 1871 : il est marié.
Depuis quand ? Avec qui ? En 1874 toujours marié. Dans le “Livre de Mémoire de la région de Grodno” de 1876, il n’y a plus de mention “marié”, d’ailleurs ni veuf, ni divorcé.

Nijnyj Novgorod
Nous savons seulement que son fils Mikhail est né là-bas en 1882. Mais probablement il est installé là-bas depuis 1880.

Vitebsk
Il y vit à partir de 1894. En principe jusqu’à 1903.

St Petersbourg
Il s’installe là-bas en 1903. Sa première adresse : rue Razbiezaïa 5. En 1906 il déménage prospekt Kamiennoostrovski 13. En 1907 probablement rue Barmeleïeva 1. On voit qu’il va rester souvent entouré de sa famille – les appartements devaient être grands. A la retraite depuis 1908.
En 1915, ils déménagent tous, avec sa fille Vera et son fils Vladimir, au 6 prospekt Aptekarskij.

En 1916 il déménage à Kronvierkskiy Prospekt 13b. L’édition d’annuaire de 1917 est la dernière où il apparaît. Il faut ajouter qu’il n’existe pas dans les archives les éditions de 1918-23.

Sa femme, Sofia Aleksieïevna, décède le 16 juillet 1907.

Après 1917, Slonim
Il quitte la Russie et ses biens à Saint-Petersbourg, à Sluck,… pendant la guerre civile pour se réfugier à Malatycze, district de Slonim, sur ces propres terrains qui, suite à la guerre entre la Pologne et l’URSS, sont devenus polonais. Il était donc à l’abri des répressions du nouveau gouvernement communiste de Lénine.

Il va se marier le 27 novembre 1918 avec  Maria Arkhipovna Rozkovskaya, fille du gérant de ses biens, Arkhip Karlovitch Rozkovskiy. Sa dernière épouse était originaire de la région de Slonim, partielement d’origine polonaise.

A croire ce qui était transmis, ils vivaient le période de bonheur.
La moitié de l’année, la plus froide, ils la passaient en Italie pour des raisons de santé de son épouse. En passant par la France.
L’occasion pour dire que Mikhail Aleksandrovitch parlait plusieurs langues, il semblerait que sept avec le grec et le latin compris, puis italien et français. Les autres ?

Son décès
Il est mort entre 1923 et 1925 à plus de 80 ans. Nous ne savons pas où il est enterré.
Sa femme, quoique beaucoup plus jeune, est décédée 4 mois plus tard suite à la tuberculose, à l’époque incurable. C’était au mois de mai-juin (?). Elle avait environ 23 ans.
Une grande histoire d’amour ou une histoire de grand amour.

Source : “Я у матушки одиночна была…” Зап. М. А. Тетяевым в г. Твери.
Intéressant…
Modernité et progrès toujours chez Tetyaev !

“Moskovskiye Viedomosties” n° 51 (“Nouvelles de Moscou”) ont publié une lettre adressée aux éditeurs par un étudiant de Tver, Monsieur M. Tetyaev, écrite le 17 février 1862. L’auteur y décrit son bouleversement suite à ce qu’il a vécu la veille. Pendant une soirée dansante au lycée de Tver, les gens d’un grade plus ou moins élévé dans la société ont mis dehors la femme du chef d’orchestre, sans aucun statut social. En plus, les lycéens applaudissaient sa sortie, larmes aux yeux… L’auteur les appelle “les crapules”.

Peu de temps après, dans le n° 63, l’inspecteur du lycée de Tver, Elmanovich, répond à ces critiques en accusant M. Tetyaev entre autres d’être en contradiction avec sa propre “revendication d’égalité et de libéralité” en portant uniforme d’étudiant. Ses arguments ne valent pas la peine d’être cités, aussi médiocres, mais le scandale devait être important parce que l’histoire était décrite dans “Vremia” n° 4 qui s’est positionné clairement du côté “d’égalité et de la liberalité”. Et quand on sait qu’il s’agissait de Dostoïevski… En fait, c’était Fiodor, mais officielement il n’avait pas droit de posséder le journal, donc il existait au nom de son frère.
Belle rencontre !

“Vremia” (“Temps”) – Mensuel politique et littéraire de 30 pages en moyenne, publié à Saint-Pétersbourg par les frères Mikhaïl et Fiodor Dostoïevski de 1861 à mai 1863.
“Vremia” n°4
Anecdote
Mouvements révolutionnaires dans la maison de Tetyaev !

La légende familiale dit qu’un jour de grande manifestation, il a aperçu depuis la fenêtre de sa demeure, ses deux fils marcher en-tête du cortège de peuple en colère. Suite à une enquête, la police impériale a trouvé dans les caves de l’habitation de Mikhail Alexandrovitch une imprimerie clandestine. S’agissait-il de ses fils Mikhail et Vladimir ou encore d’un autre fils ? La biographie de Mikhail, son fils, évoque une punition du tsar pour son opposition. Vladimir, lui, était aussi engagé dans le mouvement révolutionnaire.

Ses propriétés

Il possédait des grandes propriétés, surtout dans la région de Sloutsk (Sluck) en Russie. (Nous sommes à la recherche de documentation à ce sujet) et aussi dans la région de Slonim, la propriété Malatycze 272 à Stara Wies (cf la carte).

Cette propriété est confirmée dans l’annuaire de 1918, mais aussi dans celui de 1928. Etait-il toujours vivant ?

source : “Ziemianstwo polskie XX w”
source : carte Malatycze
source : annuaire 1928
 

Nous ne connaissons que certaines périodes de sa vie suivant les documents trouvés.

Nous sommes donc à la recherche de toute information le concernant.