1919 ? – 1993

Jerzy Tietiajew

Fils de Mikhail Aleksandrovitch Tetyaev et Maria Arkhipovna Rozkovskaïa.

Marié avec Barbara Bodalska.

Il avait quatre filles : Malgorzata Bielewicz, Alicia Roszkiewicz, Anna Tietiajew-Rozanska, Maria Devireux.

Noble.

JERZY TIETIAJEW - portrait

Quelques dates

28 06 1919 – naissance à Sloutsk. En fait, on ne connaît pas la date réelle de sa naissance pour deux raisons : le changement du calendrier russe et la falsification de la date dans son enfance.

1924 (?) – il perd ses parents à l’âge de 4 ans.

193739 – il fait sa service militaire à Gdansk (Pologne).

1942 – mariage avec Barbara Bodalska.

1943 – naissance de sa première fille Malgorzata.

1945 – naissance de sa fille Alice.

1948 – diplôme d’études Polytechnique de Varsovie.

1954 – naissance de sa fille Anne.

1956 – naissance de sa fille Maria.

1964 – 68 – PDG du chantier de construction du barrage à Solina.

03 12 1993 – décès, à Varsovie.

Vie professionnelle

Ingénieur, spécialiste de la construction des ponts et des barrages.
Un volet profesionnel riche.

A la fin de la guerre, il entre à l’Ecole Politechnique, spécialisation ponts et barrages – il en ressort avec le diplôme n° 13 – il disait que ce numéro lui portait de la chance.

D’abord Professeur assistant à l’Ecole Polytechnique de Varsovie, plus tard il exerce son métier dans le terrain.

Toujours des postes de dirigeant du chantier, d’une partie ou du chantier entier.

Il a commencé par les tribunes du stade de Varsovie, le métro, le pont sur la Vistule à Gora Kalwaria… Son œuvre la plus importante était le chantier de barrage sur San à Solina dont il était le PDG.

L’interview donné à l’occasion de l’ouverture du barrage, le 20 juillet 1968.
« On dit simplement – Solina ». Emission de J. Popov avec la participation de J. Tietiajew et B. Kozlowski, directeur des travaux (fichier audio de 14’08).

Ensuite il y avait le temps “bureau”, qu’il n’appréciait pas trop, ensuite le chantier de pétroduc en Allemagne Est.

Enfin, déjà à la retraite, il était consultant sur le chantier du métro à Varsovie.

Voici un fichier pdf avec les souvenirs de temps de la construction du barrage sur San à Solina.

Il est mentionné dans le dictionnaire des biographies. Edition de l’Académie Polonaise  des Sciences (cf photo).

Il reçoit aussi la Croix d’Or des mérites (juillet 1955).

Reconnaissances

13 07 1955 – Croix de Mérite d’Or.

Le Dictionnaire Biographique Polonais

Il figure dans Le Dictionnaire Biographique Polonais (Polski Slownik Biograficznyy), p 56.
En traduisant :

Tietiajew Jerzy (20e siècle- (-1993) , ingénieur des constructions ponts et chaussées, directeur de la construction du barrage à Solina.

Interview avec ing. J. Tietiajew, P-DG de “Hydrobudowa 10,” et ing. B. Kozlowski.

Vie personnelle

Noble.
Spolié de tout d’abord par son tuteur, ensuite par le régime communiste.
Vie mouvementée.

Orphelin à l’âge de 4 ans, il était élevé par la sœur de sa mère, Varvara Arkhipovna et son mari Joseph Lovkievitch. Ils étaient désignés comme “tuteurs” du point de vue familial, on dirait plutôt comme beaux-parents, par le Conseil des Anciens qui s’occupait des enfants-orphelins des nobles. Il lui était désigné aussi un tuteur économique, pour tout ce qui touche finance, la gestion des biens, mais malheureusement cette personne n’était pas honnête et a abusé de son pouvoir.

Son année de naissance a été falsifié pour accélerer son âge majeur d’où les points d’interrogations, concernant aussi ses parents. 1919 – année est donc fausse, est-il né en 1920 ou 1921 ?

Il a fini son service militaire le 31 08 1939. Malheureusement la guerre a éclaté le lendemain – la liberté n’était pas pour tout de suite.

Il a participé à ce qu’on appelle en Pologne « la campagne de septembre », septembre 1939, le temps où les Polonais essayaient de combattre les Allemands et de défendre l’indépendance. Vient ensuite la capitulation, les Allemands occupent la Pologne jusqu’à 1945 . dans la vie de gens c’est le temps suspendu. On pense essentiellement à survivre.

Mariée en 1942 à Varsovie, durant l’occupation, avec Barbara Bodalska.

Il a été emprisonné à Slonim en 1943 (?). Sa femme un peu plus tard aussi.

Il a fait un prison aussi en Pologne, début des années 50 durant le régime communiste, en particulier stalinien, pour des raisons politiques.

Ils avaient 4 enfants : 4 filles.

Après la guerre, avec sa famille, il habite d’abord à Radom, puis à Varsovie (Dabrowka) dans la maison individuelle construite petit à petit, au fil de temps et surtout des moyens.
Déjà à la retraite, vers 1980, il fait le choix d’habiter dans un appartement qui lui était proposé par l’Etat en signe de reconnaissance de ses mérites en 1968 (L’Etat a mis du temps pour tenir sa promesse !!!). Il déménage avec sa femme à Ursynow.

Sa mère adoptive

Varvara Arkhipovna Lovkievitch Rozkovskaya

1903 -1973

Soeur de Maria, mère de Jerzy.
Fille de Arkhip Karlovitch et Anna Petrovna.

Ainée des sœurs après le décès de Maria, elle a pris en charge son fils, Jerzy. En plus elle n’avait pas d’enfant.

Sa foi

Chrétienne orthodoxe, elle était croyante, ce qui n’était pas facile à l’Union Soviétique – c’était tout simplement interdit, les pratiques de foie s’exerçait clandestinement.

Varvara était “missionnée” pour baptiser les enfants. Cela se passait chez elle. Pour éviter l’arrivée de plusieurs personnes, pour éviter de se faire remarquer, pour limiter les possibilités de la dénonciation, elle bâptisait et elle-même elle était marraine. Peut-être son mari était le parrain ? En tout cas, dans ses archives photos, elle gardait plein de photos de ces enfants. 

Son amour

C’était quelqu’un rempli d’amour. Encore un exemple.

Elle nous a raconté quand son mari était envoyé au Goulag. Elle savait où il était mais y aller c’était… impossible.Mais comme il n’y a pas d’impossible pour quelqu’un qui a la foi et qui aime (pléonasme !), donc elle a rempli les sac de la nourriture, des vêtements et elle est partie. Il faut savoir qu’à l’URSS les trains existaient mais pas les horaires de trains. Les gens allaient à la gare et ils attendaient, parfois plusieurs jours, sans pouvoir bouger pour ne pas rater le train. C’est difficile à imaginer, mais le chanteur Vyssotski en a fait le sujet d’une chanson.

A la première correspondance, elle passe la nuit sur un banc, elle dort assise, elle se réveille dans la nuit et elle voit Ste Marie devant, elle se met donc à prier. Assoupie, le matin elle se réveille et elle voit, à la place de Ste Marie, la statue en plâtre blanc de J. Staline. Horreur !Arrivée au camp, elle a retrouvé son mari. Tout le monde était très étonn : elle était la seule à faire cet acte, à traverser des miliers de kilomètres sémés d’obstacles et venir voir son mari avec la nourriture et autres choses.
Les femmes divorcaient plutôt ou au mieux, restaient à la maison en attendant le retour de leurs maris.

Un autre témoignage

Un jour, Nadzia, la plus jeune sœur de Varvara, rentre du marché accompagnée de deux femmes, une plus âgée, d’environ 70 ans, et une plus jeune, qui s’avère être sa fille, d’environ 50 ans. La plus âgée, voyant Varvara, se jette à genoux et lui embrasse les mains. Varvara, confuse, ne sait pas ce qui se passe, prend ses mains…
“Vous ne me reconnaissez pas”, dit la femme.
– Non, bien sûr que non.
– J’ai travaillé chez vous !”


Chez vous signifie chez les parents de Varvara, Anna Petrovna et Archip Karlovich Rozkovsky. Quel beau souvenir cette femme a gardé de son travail chez ces personnes !

Son père adoptif

Joseph Aleksandrovitch Lovkievitch

1902 – 1973, Slonim

Il était comptable. N’empêche qu’il savait tout faire à la maison, y compris la cuisine. Les capacités très utiles dans le régime communiste. La maison où sa famille habitait c’était son œuvre.

Prisonnier politique, il a été envoyé au Goulag.

Un homme de grand cœur et de l’houmour.
La preuve de sa générosité : avec sa femme, ils ont accueilli deux sœurs de sa femme pour vivre ensemble : Evghenya et Nadya. Et bien sûr, le fils de sa sœur décédée.